Le sénateur de Mayotte Ibrahim Soibahaddine a fait de récentes déclarations sur la départementalisation de Mayotte, notamment sur le refus du débat demandé au Parlement. On est en droit de s’interroger sur la réelle volonté de la France à donner à Mayotte le statut de département français.
Le référendum de mars 2009, au cours duquel tous les mahorais et mahoraises sont invités à se rendre aux urnes pour donner leur choix quant à la départementalisation de leur île aura lieu. En tout cas, rien n’indique encore le contraire.
Mais il est tout de même étonnant que le Parlement français ait refusé le débat sur cette départementalisation, débat demandé conjointement par Yves Jégo, Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer et Ibrahim Soibahaddine, sénateur de Mayotte. Selon ce dernier, ce refus résulterait de tensions internes au Gouvernement. Il nous apprend que de nombreux parlementaires et de ministères (Bercy notamment) sont plus que retissent à la départementalisation de Mayotte. Ils n’y voient qu’une dépense de plus, et qui ne rapportera financièrement parlant pas grand-chose, voir rien du tout. "Ils estiment que la France n'a pas les moyens d'assumer une telle charge" a même déclaré Ibrahim Soibahaddine.
Toujours selon le Sénateur mahorais, tout cela ne remet aucunement en cause le futur référendum de mars 2009. Mais il est intéressant de souligner que le débat parlementaire actuellement refusé sera programmé une fois le référendum fait. Et donc, si les mahorais, comme il y a de grandes chances, disent « oui » à l’offre de départementalisation de la France, à quoi servira ce débat puisque les dés seront jetés ? Est-ce que la France oserait se rétracter par la suite ?
Ibrahim Soibahaddine semble sûr que la France ne renoncera pas à la départementalisation de Mayotte si les mahorais la choisissent. Il n’empêche qu’actuellement les caisses de l’Etat n’ont jamais été aussi vides, et qu’au sein même du gouvernement de nombreuses voix s’insurgent contre la départementalisation de Mayotte. Qu’apportera un débat après le référendum si ce n’est qu’encore plus de tensions et de refus qui pourraient alors obliger notre Président à reconsidérer son offre au Mahorais.




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