Les étudiants de Mayotte en France sont... des fainéants. C’est ce que révèle une étude commandée en 2008 par le Conseil général de l’île dont le journal Mayotte Hebdo vient de publier de larges extraits. Les chiffres donnent parfais le vertige: 18% d’entre eux abandonnent dès la première année contre un taux de 6% en France métropolitaine. 10% seulement de ces étudiants arrivent, en deux ans, à obtenir le Deug (Diplôme d’études universitaires générales. Parmi les causes possibles de cette situation, une mauvaise orientation, un trop faible niveau au départ, un manque de motivation et une intégration insuffisante...
La relève des wazungu n’est pas pour demain.,
35 ANS APRÊS SA SÉPARATION forcée du reste de l’archipel, Mayotte a toujours une administration largement dominée par des Français (wazungu). Tous les rouages et autres postes-clés de l’appareil administratif insulaire sont aujourd’hui tenus par des Français importes de Pars, voire de Martinique, pour combler le déficit criant de cadres locaux. Le rapport commandé en 2008 par le Conseil général de l’île sur “ l échec des étudiants rnahorais dans I ‘enseignement supérieur en métropole” montre bien que la “mahorisation de l’administration n’est pas pour demain tant peu, très peu sont ceux qui reviennent avec un bac +2 à Mayotte.
Le poids des statistiques
Les statistiques parlent d’elles- mêmes : le taux de réussite moyen en première année est de 16%, “alors que le taux national avoisine les 50% ” indique cette étude. Plus de 90% de ces étudiants n’arrivent pas à obtenir, en deux ans, le Diplôme d’études universitaires générales (Deug). Autres chiffres alarmants : 18 % abandonnent dès la première année contre une moyenne de 6% en France métropolitaine. Le taux d’abandon en deuxième année et de ..32%. Ce tableau apocalyptique jette une lumière crue sur le niveau général de l’enseignement à Mayotte.
Pourtant, l’étudiant mahorais en France ne se plaint de rien ; il bénéficie de toutes les conditions et autres avantages devant lui permettre de réussir son cursus universitaire. Non seulement il a droit à un logement en résidence universitaire, mais il bénéficie d’une bourse conséquente de l’Etat français, sans compter l’allocation de 236 euros (118 000 francs comoriens) que ni verse par mois le Conseil général
Difficulté d’intégration, absence d’ambition, etc.
Depuis la publication du rapport, des voix ont commencé à réclamer la suppression de cette allocation, uni représente la bagatelle de 7 millions d’euros, soit près de 9 milliards de francs par an. “C est de l’argent jeté par la fenêtre” dénonce-t-on à Mamoudzou. Pour le directeur de la Division des affaires scolaires et universitaires (Dasu) à Mayotte, Bina Attouniani, pas question de « baisser le montant des aides mais plutôt mettre en place des dispositions pour aider les étudiants à réussir ».
Ainsi est née l’idée de désigner des médiateurs académiques “chargés de suivre les jeunes dans leur vie étudiante en général et d’anticiper leurs problèmes et Lieurs besoins”. Pour lutter contre le phénomène d’abandon des études et d absentéisme la Dasu conditionne désormais e versement de la bourse à l’assiduité de l’étudiant. Le rapport du Conseil général, rédigé par le jeune M’dahoma Halime Eddine, a tenté de trouver des explications à ce taux d’échec inquiétant. Il pointe d’abord une “mauvaise orientation”. 9 étudiants sur 12 dise n’avoir opéré le choix de leurs filières qu’à l’issue du baccalauréat, tandis que d’autres déclarent avoir été influencés par leurs familles. Selon l’étude, une autre catégorie d’étudiants considèrent que l’obtention du bac est une fin en soi et que “la filière suivie dans le supérieur ne revêt que peu d importance”. La deuxième cause de cette situation est liée au manque de motivation et d’intégration. “La moitie de I ‘effectif avoua ne pas fréquenter les bibliothèques universitaires et n ‘en voit d ailleurs pas l’utilité, 2 sur 12 s ‘y rendent occasionnellement et 4 sur 12 affirment la fréquenter plusieurs fois par semaines note le rapport. Il a été aussi constaté que de nombreux étudiants préfèrent vivre en dehors du cadre universitaire et « sont loges dès la deuxième année d‘inscription dans un parc locatif »
La phrase qui résume tout
Le patron de la Dasu trouve une raison à cela: « Le jeune Mahorais n ‘est pas habitué à ce mode de vie, les cités universitaires sont régies par des règlements. Ils s y sentent enfermés et se tournent donc vers le locatif privé mais qui est beaucoup plus cher »
L’échec de la formation de l’élite locale remet aux calendes grecques la relève des wazungu dans I ‘administration insulaire. Jean-François Hory, secrétaire général du Conseil général de la Réunion, a eu cette phrase désobligeante qui pourrait bien résumer le sentiment général des autorités françaises : « Mayotte a besoin d’instituteurs, non des personnes ayant fait des études supérieures »
Les Mahorais apprécieront
Mohamed Inoussa
Source : http://wongo.skyrock.com/




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