Dominique Versini, femme politique française et actuellement défenseur des enfants (chargé de défendre et de promouvoir les droits de l'enfant) a fait un déplacement à Mayotte du 6 au 8 octobre pour constater sur place la qualité de la prise en charge des enfants. Le 20 novembre, elle a remis son rapport au Président français. Dans ce rapport, elle tire la sonnette d’alarme.
Lors de son déplacement sur l’île française de Mayotte, Dominique Versini n’avait pas hésité à comparer la qualité de la prise en charge des enfants à celui du régime de Vichy. En effet, le problème majeure des enfants à Mayotte est le fait que pour ceux qui n’ont pas de papiers en règles, les portes des dispensaires ou des hôpitaux leurs sont fermé. Cette triste réalité du quotidien des enfants mahorais est en totale contradiction avec la Convention Internationale des droits de l’enfant.
Il faut savoir qu’à Mayotte, qui devrait devenir lors du référendum de mars 2009 un département français d’outre-mer au même titre que la Réunion, seulement 50% de la population est inscrite à l’Etat Civil français. La France a mis en place le dispositif CREC (Commission de Révision de l’Etat Civil), dispositif qui après ses 8 années de pratique est un véritable fiasco. Et pour Dominique Versini, c’est les enfants qui trinquent en premier de cette déficience. Dans son rapport remis au Président Sarkozy, Dominique Versini explique que "Le délai de traitement des demandes est très long, de l’ordre de 3 à 4 ans pour obtenir un acte révisé. (…) Cette situation est apparue à la Défenseure des enfants extrêmement préjudiciable (…) Le fait que des français n’arrivent pas à établir leur nationalité française constitue une discrimination particulièrement grave notamment pour les mineurs qui sont pénalisés dans l’exercice de leurs droits fondamentaux (accès aux soins, à des bourses scolaires ou aux autres prestations, passage d’examens, liberté de circulation…).
De plus, la forte immigration provenant des Comores n’est pas pour arranger les choses. Toujours selon son rapport « Le filtrage administratif opéré lors de l’accès à l’hôpital dissuade les personnes d’y présenter les enfants en dehors de situations extrêmes (urgence) et expose indéniablement les enfants à des risques de santé d’autant que Mayotte se caractérise par un niveau préoccupant de maladies infectieuses ».
D’autres problèmes, et non des moindres, sont mis en exergue dans le rapport, comme l’admission des enfants dans le système éducatif français qui se fait sous forme d’une épreuve sélective, qui est d’une certaine façon une forme de discrimination. Dans le même registre, Dominique Versini alerte sur tous ces jeunes étrangers clandestins qui sont ni plus ni moins qu’abandonnés sur le territoire mahorais. Ces enfants attendent le retour de leurs parents qui ont été reconduits à la frontière comorienne. En moyenne, 80% des enfants retrouvent leur parent qui refranchissent la frontière clandestinement au bout de 6 semaines. Mais que font les 20% restant…
Le rapport de Dominique Versini est donc des plus accablant. Selon elle, il faut impérativement que la question du Droit des enfants soit un axe primordial pour la création de l’unité mahoraise, surtout si le référendum de mars 2009 offre la possibilité aux mahorais de devenir français. Comment un peuple peut-il devenir français si on ne prend pas en charge dès maintenant ses enfants en leur offrant le Droit inhérent à la Convention Internationale des droits de l’enfant.




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